Les Amis de Nouaillé
Jean Méderic TOURNEUR AUMONT 1879 - 1946

Historien. - Professeur d'histoire à la Faculté des lettres de Poitiers

De tous les historiens qui se sont penchés sur l'histoire de la bataille de Nouaillé, il en est un qui y a attaché son nom, si bien qu'on ne peut parler aujourd'hui de cette bataille, sans penser à celui qui lui a consacré l'essentiel de ses recherches et lui a donné un nouvel éclat. Chacun aura bien sûr reconnu Jean Tourneur-Aumont, professeur d'histoire à la Faculté des Lettres de Poitiers.

Confrontant les sources anciennes, suivant la vallée du Miosson et parcourant les champs et les bois de Nouaillé, interrogeant ses habitants, Tourneur-Aumont est parvenu après de patientes recherches à "reconstituer" la bataille de Nouaillé. A sa façon bien sûr! car les sources étant imprécises et ne se recoupant pas, il fallait faire appel à l'imagination pour combler les lacunes historiques.

Grâce à l'intervention de Tourneur-Aumont, la commune de Nouaillé prenait en 1938 le nom de Nouaillé-Maupertuis, associant son abbaye et sa bataille.

En 1940, paraissait le livre de Tourneur-Aumont : La bataille de Nouaillé, qu'on peut lire comme un livre d'histoire ou un roman d'aventures 12. Devenu président de la Société des Amis de Nouaillé, fasciné par "sa" bataille, Tourneur-Aumont ne pouvait que magnifier, hors de proportions, le roi vaincu en retournant la situation finale humiliante. Pour lui, "le roi a toujours gardé son sang-froid, ne s'est laissé attirer en aucun piège. Il peut fuir. Il reste par esprit de sacrifice, sonnant un ralliement moral contre les seigneurs anarchistes, pour les siens, sa dynastie, les chevaliers loyalistes et ses successeurs rois. Moralement, ce fut Jean le Bon le vrai vainqueur".

Jean Tourneur-Aumont voulut reposer, non à Poitiers, mais dans le vieux cimetière de Nouaillé, près de la Chapelle de Montvinard, à peu de distance de ce champ de bataille qui lui fut si familier. Sa tombe porte ces simples mots : J.M. Tourneur-Aumont - 1879-1946.

Si, avec Tourneur-Aumont, un projecteur a été braqué sur la bataille de Nouaillé, il ne faudrait pas croire que la recherche historique se soit arrêtée avec lui. Cette bataille suscite encore beaucoup d'interrogations. C'est pourquoi, même aujourd'hui, les historiens continuent à tenter de percer ses mystères (voir les recherches d'Elisabeth Carpentier) Un siècle de malheurs (1356-1450)